La Nuit des Témoins





Pour la 9ème année consécutive depuis 2009, l'Aide à l'Eglise en Détresse consacre une soirée toute particulière pour ceux qui souffrent de persécution ou de discrimination à cause de leur foi : la Nuit des Témoins. 


Une appellation qui évoque notamment les «nuits» de solitude que traversent les victimes de l’oppression. Égrenés durant la soirée, les noms des chrétiens tués dans l’année ponctueront les temps de prière silencieuse, chants, témoignages et méditations sur les fruits du martyre.

 

Cette année, la Nuit des Témoins a fait escale le dimanche 26 mars dernier à l'église Saint-Charles. Plus de 200 personnes se sont réunies pour prier et écouter les témoignages poignants des trois intervenants. Un vrai moment d'émotion devant des situations incroyables. Dans une simplicité remarquable, ils ont détaillé la réalité de leur vie, expliqué ce qu'ils vivent au quotidien et les épreuves qu'ils ont traversées à l'image du Père Mourad, otage pendant 4 mois de l'Etat Islamique. 



Plus de renseignements sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse
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Découvrez ci-dessous leur profil :


Père Jacques Mourad – Prêtre syriaque catholique (Syrie) 

 « Je veux devenir un exilé parmi les exilés », c’est par ces mots que le Père Mourad parle de sa nouvelle vie. Ce prêtre syriaque catholique né à Alep en 1968 veut désormais partager le sort des réfugiés chrétiens au Kurdistan irakien. 

 Le 21 mai 2015, le père Mourad est enlevé dans son monastère par trois hommes de Daech. Transféré à Raqqa, il restera 143 jours en captivité. Humilié, menacé quotidiennement d’être décapité, vivant la plupart du temps sans lumière, il vit pourtant cette détention « comme une retraite spirituelle, la colère laissant peu à peu la place à la prière et l’abandon » selon ses propres paroles. Un jour, raconte-t-il, « un homme cagoulé est entré avec un poignard, j’ai senti la lame contre ma gorge, mais il m’a finalement laissé la vie ». 

 Il parvient à s’échapper le 11 octobre, déguisé, à l’arrière d’un scooter. «Après trente ans d’amour et d’énergie dédiés à l’harmonie islamo-chrétienne, j’ai été sauvé par mes amis musulmans. » déclare-t-il à l’AED au lendemain de sa libération. 

 Depuis octobre 2015, le père Mourad a rejoint en Irak une poignée de moines et moniales de sa communauté Al Khalil. 


Soeur Marie-Catherine Kingbo – Fraternité des Servantes du Christ (Niger) 

 Née en 1953 au Sénégal dans une « famille oecuménique » comme elle aime à le dire (un père protestant et une mère catholique), soeur Marie-Catherine grandit entourée de ses sept frères et quatre soeurs. 

 Le 22 octobre 2006, elle fonde la Congrégation des Servantes du Christ, la seule congrégation indigène à Maradi. 

 Leur priorité est la formation des femmes dans les villages et notamment la lutte contre les mariages précoces et forcés. Le travail de la nouvelle congrégation est apprécié, parce que les jeunes femmes aident et enseignent avec dévouement, et donnent ainsi un témoignage de la foi chrétienne. 

 En janvier 2015, le Niger est frappé par une vague de violence suite aux manifestations en France qui ont suivies l’attentat de Charlie Hebdo. Les églises sont pillées, brûlées et détruites, plus de 255 chrétiens sont obligés de se réfugier à Zinder, ville non loin de la frontière du Nigeria. Puis en octobre 2015, c’est Boko 

Haram qui sème la terreur avec plusieurs attentats suicides dans les villes proches de Maradi. Soeur Marie-Catherine reste confiante, les 21 000 catholiques nigériens continuent à collaborer avec les musulmans, notamment dans le domaine de la formation et de la bienfaisance. 


Père Philippe Blot – Prêtre missionnaire des MEP (Corée) 

Après des années de silence, le Père Blot ne veut plus se taire. Depuis 6 ans, ce missionnaire risque sa vie pour aider des réfugiés nord-coréens à fuir leur pays. « Je ne peux plus rester dans le silence, dit-il, je dois parler pour eux ». 

 Depuis 2010, il se rend plusieurs fois par an en Chine pour les aider à fuir. « Pour l’instant on ne s’est jamais fait prendre » déclare-t-il, mais « je veux aussi parler pour tous ceux qui n’y arriveront jamais vivants ». 

 A la question de savoir s’il reste encore des chrétiens en Corée du Nord, le Père Blot reconnait qu’il est difficile de répondre. « Peut-être des personnes âgées qui ont su garder la foi ou des croyants qui ne peuvent en aucun cas manifester leur foi au grand jour » dit-il, et de préciser : « aucune Eglise souterraine n’est connue, et l’unique église du pays est dirigée par un policier !


Article de "La Croix" du 23 mars :