FETE NATIONALE DE MONACO 2018
MESSE SOLENNELLE D’ACTION DE GRÂCE
Lundi 19 novembre 2018
 
En présence de S.A.S. le Prince Albert II, Souverain de Monaco et de Son Épouse S.A.S. la Princesse Charlène,
ainsi que les Membres de la Famille Princière.

Célébrant:
S. Exc. Monseigneur Bernard BARSI, Archevêque de Monaco

Concélébrants:
S. Exc. Monseigneur Luigi Pezzuto, Nonce Apostolique,
le Clergé du Diocèse de Monaco et quelques prêtres invités
Au Grand Orgue de la Cathédrale, Olivier VERNET, titulaire

A l’orgue de chœur,
Jean-Cyrille GANDILLET, titulaire

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Direction : Pierre DEBAT

Maîtrise de la Cathédrale de Monaco
Les Petits Chanteurs de Monaco,
direction : Pierre DEBAT,
Maître de Chapelle du Palais Princier de la Cathédrale de Monaco.


Mot d'accueil
 
Aujourd’hui, Monaco est dans la joie. La Principauté est pavoisée aux couleurs rouges et blanches, symboles de sa liberté et de son attachement à son Prince Souverain. 
 
Aujourd’hui, Monaco célèbre sa fête nationale, la fête de son Prince. Les deux sont tellement unis et inséparables que nous les associons dans une même communion de cœur.
 
Au cours de cette célébration eucharistique, nous demandons au Seigneur Dieu de bénir et de garder dans la paix et la joie notre Souverain, Monseigneur le Prince Albert II. Nous confions au Seigneur, S.A.S. la Princesse Charlène et LL.AA.SS. le Prince héréditaire Jacques et la Princesse Gabriella.  Nous prions également pour S.A.R. la Princesse Caroline, S.A.S. la Princesse Stéphanie, leurs enfants et pour tous les membres de leur famille. Que tous aient l’amour, ce lien le plus parfait (Col 3,14).
 
En chantant le « Te Deum » nous ferons monter vers le Seigneur notre action de grâce pour tous les bienfaits dont il a comblé Monaco tout au long de l’année écoulée.
 
La messe est concélébrée avec Mgr le Nonce apostolique en Principauté, envoyé du Saint-Père, le Pape François, les prêtres et les diacres de Monaco. 
J’accueille Monsieur le Ministre d’État et les membres du Gouvernement, M. le Président du Conseil national, M. le Président du Conseil de la Couronne, ainsi que toutes les autorités civiles, militaires, judiciaires, consulaires et diplomatiques, les membres des assemblées élues et des corps constitués de Monaco.
 
J’adresse un salut cordial à toutes les personnes ici présentes dans notre cathédrale et à celles qui nous rejoignent par la télévision et la radio.

 

Homélie par Son Excellence Monseigneur Bernard Barsi
Archevêque de Monaco

Lectures bibliques :
Lettre de saint Paul apôtre aux Romains ch. 12 versets 3-13
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ch. 7, versets 21 et 24-25


Le monde et nos sociétés sont constamment agités par une multitude d’informations, les unes dramatiques ou heureuses, d’autres importantes ou négligeables. Cette incessante surabondance d’événements nouveaux peut nous aveugler, nous faire confondre l’accessoire de l’essentiel. 
Pour Monaco, en ce jour de fête nationale, pas de risque de confusion. L’essentiel est de nous réunir autour de la personne de notre Souverain, S.A.S. Monseigneur le Prince Albert II. Selon les paroles mêmes du Prince « cela est d’autant plus vrai dans des périodes où il existe quelques inquiétudes et préoccupations ».
Oubliant, pour un instant, nos soucis quotidiens, dépassant nos différences légitimes et nos prétentions déraisonnables, formons des vœux, prenons les moyens de renforcer notre unité et de nous attacher au bien.  
Une prière de la liturgie catholique nous invite d’ailleurs à nous tourner vers Dieu pour lui demander : « qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies ». 
 
Les vraies joies ne sont-elles pas ces valeurs constitutives de la Principauté, celles que nous chantons dans notre hymne national et qui sont gravées dans les neuf premiers articles de la Constitution Monégasque ? : un Prince souverain, une monarchie héréditaire et constitutionnelle, la séparation des pouvoirs, le drapeau rouge et blanc, la langue française, la religion catholique comme religion de l’état.
L’histoire qui est maîtresse de vie nous apprend que ces valeurs fondamentales sur lesquelles les Princes se sont constamment appuyés, ont garanti à la Principauté, son indépendance et sa prospérité. Aussi, pouvons-nous affirmer que pour la Principauté de Monaco, il n’y a pas de destin, il n’y a pas d’avenir hors de celui de ses Princes.  En conséquence, frères et sœurs, chers amis, soyons attentifs à nos paroles et à nos actes, car de manière consciente ou inconsciente, nous pouvons soit affaiblir soit renforcer les bases fondamentales constitutives de notre pays et par conséquent notre unité autour du Prince Souverain.
 
En ce jour de fête nationale, souhaitons pour notre Prince tout ce qu’il y a de meilleur et prenons l’engagement de travailler à faire advenir ce meilleur qui retentira sur l’ensemble de la Principauté : les monégasques, les enfants du pays, les résidents, tous ceux et celles qui travaillent à Monaco.
 
Monseigneur, avec affection, respect et confiance, au nom de toute l’assemblée et en mon nom personnel, je forme pour vous, des souhaits sincères. Dans une démarche commune, nous demandons à Dieu de vous maintenir santé et passion pour servir votre pays, vos compatriotes, la paix l’écologie et la justice dans le monde. Que Dieu vous donne les coopérateurs dont vous avez besoin pour l’exercice de votre haute mission au service du bien commun.
 
Dans la première lecture de cette messe, St Paul nous donne des conseils pour mettre en pratique la foi chrétienne : disposer ses dons personnels pour le service de tous, enseigner, réconforter, gratuité, affection fraternelle, respect les uns pour les autres, assiduité dans la prière.  En un mot, comme le dira plus tard St Jacques (2,17) :  « la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte ».
 
Il en va de même pour les vœux que nous formons pour notre Prince Souverain. Ces vœux seront vains ou hypocrites, s’il n’y a pas un engagement de notre part pour les mettre en œuvre.  Nous ne pouvons pas d’un côté proclamer haut et fort notre fidélité et de l’autre mettre en péril le bien précieux de notre unité autour du Prince et de la stabilité de nos institutions dans ce qu’elles ont de plus sacré. Vous l’avez entendu dans l’évangile, Jésus est sévère pour celles et ceux qui prononcent des paroles vaines ou flatteuses.  Au contraire, Jésus nous invite à nous investir pour réaliser nos promesses :  « ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux ». (Mt 7,21). Faisons la volonté de Dieu, aimons en vérité.  En mettant nos actes en accord avec nos paroles et nos vœux, nous trouverons le bonheur et la joie de l’espérance qui ne déçoit pas.
 
Que Dieu bénisse notre Prince Souverain, la Princesse Charlène, le Prince Héréditaire Jacques et la Princesse Gabriella. Que Dieu étende sa bénédiction à toute la Famille Princière, à la Principauté de Monaco et au monde.