Voici l'homélie prononcée par Mgr Bernard Barsi le 19 novembre 2017 à l'occasion de la messe et du Te Deum de la Fête Nationale.

 

FETE NATIONALE DE MONACO
2017

Homélie par Son Excellence Monseigneur Bernard Barsi
Archevêque de Monaco

Lectures bibliques :

Première lettre aux Thessaloniciens ch. 5 versets 1 à 6
Evangile Saint Matthieu ch. 25, versets 14-15 et 19-21


Dans le tourbillon de nos vies quotidiennes et de la grisaille des jours, la Fête nationale de la Principauté – la fête de notre Prince Souverain – vient opportunément nous offrir une halte de recueillement, de prière, de joie, de paix et d’unité.

Avec ferveur, nous prions le Dieu vivant, Père de tous les hommes pour SAS le Prince Albert II qui, par grâce divine, a été établi comme Souverain de Monaco. Conduire les affaires de l’Etat est une lourde charge, aussi nous demandons à Dieu de venir en aide à notre Souverain selon la devise inscrite sur les armoiries de la Maison Grimaldi : « Deo juvante ».

En accomplissant sa haute mission, et avec le soutien de l’Esprit Saint, notre Prince veut offrir à notre pays la prospérité, la sécurité et la fraternité. Par son engagement en faveur du développement durable, il entraîne le monde à relever le défi de la crise écologique et sociale qui menace la terre, notre maison commune.

A nos prières, nous joignons des vœux respectueux et chaleureux pour notre Souverain. Des souhaits de santé, de bonheur et de tendresses familiales à partager avec SAS la Princesse Charlène, le Prince Héréditaire Jacques et sa sœur la Princesse Gabriella. Des vœux pour leurs Altesses les Princesses Caroline et Stéphanie et tous les membres proches ou lointains de la famille princière.

Comme cela advient quelques fois dans le calendrier nous vivons cette année, la Fête nationale un dimanche. Pour les chrétiens, c’est le premier jour de la semaine. Ce jour-là, ils observent le repos du Dieu Créateur et se rassemblent afin de commémorer la résurrection de Jésus-Christ. Pour la société civile tout entière, le dimanche est également un jour important, car il permet aux hommes de se reposer, de vivre la solidarité familiale et de s’adonner à des activités de détente ou de service. En parlant du dimanche, le Pape, Saint Jean-Paul II disait qu’il est à la fois le Jour du Seigneur et le jour de l’homme.

En communion avec l’Eglise universelle, notre assemblée vient d’entendre la Parole de Dieu prévue pour ce dimanche de l’année liturgique. Cette Parole nous invite à méditer sur le retour du Christ qui adviendra à la fin des temps et de l’histoire.

Dans l’attente de cet événement, dont nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure, nous sommes appelés à veiller, à prier, à nous tenir prêts.

Afin d’illustrer cet enseignement de la foi, Jésus rapporte à ses auditeurs une parabole, un récit imagé. Un homme avant de partir en voyage confie ses biens à ses serviteurs. Chacun, selon ses capacités, reçoit un ou plusieurs talents. Le talent à l’époque antique était une monnaie d’une valeur considérable. Au retour de son maître, le serviteur qui avait reçu cinq talents en rapporte cinq autres. Il a doublé la mise, une augmentation de 100%, une plus-value fabuleuse, fruit d’un travail et d’un effort soutenu.

Cette parabole révèle la bonté de Dieu, il distribue ses dons aux hommes et le plus grand de ces dons est l’amour. Chacun reçoit l’amour en vue du bien de tous. Le monde est déchiré par la violence et le terrorisme, l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent, la misère et la pauvreté frappent à ses portes, aussi sommes-nous invités à sortir de notre tiédeur et de notre insouciance pour faire fructifier davantage nos dons d’amour.

Cette crise qui affecte profondément nos sociétés n’est-elle pas d’abord morale et spirituelle ? Certes, pour résoudre les problèmes du monde, il convient de trouver des solutions technologiques et économiques mais le dénouement n’est-il pas du côté de ces affirmations bibliques : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice » (Mt 6,33) et la question de Dieu à Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,10). Réaliser, veiller et agir dans l’amour, voilà qu’elle doit être la priorité de nos vies. Jésus dans l’évangile nous exhorte à faire fructifier ce don, ce talent : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même » (Lc 10,27).

Rendons grâce à Dieu d’avoir mis en nos cœurs l’amour, force et espérance de nos vies. Déployons nos talents d’amour en faveur de nos familles, de notre pays, de la dignité de l’homme. Nous savons qu’il y a tant à faire pour le présent mais également pour l’avenir de nos jeunes, l’avenir de la Principauté et du monde. Heureux l’homme ou la femme que le Seigneur, à son retour, trouvera en train de veiller et d’agir dans l’amour et le partage envers les plus petits, les plus pauvres.

Les racines d’amour inscrites en nous et dans la constitution de Monaco ont pu parfois s’affaiblir, mais elles n’ont jamais été perdues. En redécouvrant nos racines, nous trouverons, avec l’aide de Dieu, la force d’aller de l’avant et de toujours faire flotter au grand vent de l’histoire, le pavillon rouge et blanc, symbole de notre liberté, de notre foi et de notre attachement au Prince.

Bonne fête, Monseigneur.

Bonne fête à toute la famille princière.

Bonne fête à la Principauté, aux monégasques, aux résidents et à tous ceux qui vivent et travaillent à Monaco.

Egalement bonne fête à la Compagnie des Carabiniers du Prince, heureuse d’avoir célébré cette année le bicentenaire de sa fondation.