LA MAGIE DE NOËL par Jean-Pierre Debernardi

J’avais depuis longtemps envie de découvrir les marchés de Noël en Alsace qui sont considérés pour la France, comme une référence. Ce fut chose faite en décembre de l’année dernière, et je ne fus pas déçu. J’ai eu l’occasion de visiter celui de Strasbourg qui en est à sa 448ème édition puisque sa première édition eu lieu en l’an 1570, celui de Colmar qu’à  titre personnel j’ai préféré, celui de Riquewihr et de Selestat. Bien sûr vous en trouverez un peu dans tous les villages d’Alsace, les marchés de Noël étant bien ancrés dans la tradition. 


 
A Strasbourg je vous invite à découvrir la splendide crèche qui est une des plus grandes de France et qui s’étale sur une vingtaine de mètres de long à l’intérieur de la Cathédrale. Les personnages mesurent environ un mètre de hauteur et représentent cinq scènes : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, l’Adoration des mages et la Présentation au temple.
 
Cette crèche a été acquise en 1907 par Eugène Muller. Le chanoine l’avait acheté à Oberammergau en Bavière. Le décor originel de la grande crèche comprenait une étable, ainsi que des maisons représentant le village de Bethléem adossé à la montagne. Le tout était ponctué de palmiers pour rendre l’ensemble exotique mais ce décor fut détruit pendant la Seconde guerre mondiale.

Chaque année, un nouveau décor vient s’y rajouter. 




Cathédrale de Strasbourg et marché de Noël autour de l’édifice


Crèche de la cathédrale de Strasbourg

Et maintenant un peu d’histoire. Les marchés de Noël trouvent leur origine au cœur de la mythologie allemande. Les Germains se réunirent à partir du 14ème siècle pour honorer la mémoire d’une déesse païenne germanique dénommée « Berchta ».  Elle était une représentation christique au service des enfants dans des « Christkindelsmarkt », c’est-à-dire des marchés de Noël. 
 
La tradition s’est perpétuée jusqu’aux années 90 où les marchés de Noël ont connus un important essor mais essentiellement commercial, et de très nombreuses villes en Europe ont instauré leurs propres marchés avec des chalets et parfois des attractions.  



Marché de Noël à Colmar

Quelles sont les origines de la fête de Noël ? 
 
Aux premiers siècles de notre ère, lorsque la religion chrétienne se construisit, la fête de Noël n’existait pas, seule était fêtée la Résurrection à Pâques. La célébration de la naissance de Jésus se situe vers le IVème siècle et avait pour but de christianiser des rites populaires qui se tenaient autour de la date du 25 décembre. 
 
Les deux plus anciennes représentations de la Nativité datent du IVème siècle avec une peinture murale qui ornait la chambre mortuaire d’une famille chrétienne ayant vécu vers 380, et découverte en 1877 dans les catacombes de Saint-Sébastien à Rome. 

La seconde consiste en une scène peinte sur un sarcophage de la basilique Saint-Maximin et représente l’adoration de l’enfant Jésus par les rois mages. 



Crèche dans la Cathédrale de Strasbourg

L’histoire des rois mages est un mélange de faits réels et de légendes.  Ces personnages que l’on appelle les rois mages sont évoqués uniquement dans l'Evangile selon Matthieu qui est le seul évangéliste à avoir évoqué ces mages. Le texte est extrêmement énigmatique, et surtout très peu historique.
 
Assez peu de lignes sont consacrées à ces mystérieux astrologues, dont l'extrait principal très court est le suivant :   
« Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l'Orient et nous sommes venus l'adorer. Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. [...] Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue à l'Orient allait devant eux, jusqu'à ce que, venant au-dessus du lieu où était l'enfant, elle s'arrêta. A la vue de l'étoile, ils eurent une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »
 
D’après le Nouveau Testament, ce ne sont pas de rois mais des mages, et leur nom, leur nombre et leur provenance ne sont pas précisés. Ils auraient été guidés par une étoile qui se lève à l'Est qui leur permis de trouver le lieu de naissance de Jésus afin de lui rendre hommage. 
 
Les  trois présents qui furent offerts, l’or, l’encens et la myrrhe, symbolisent trois aspects de Jésus : l’or pour la royauté, l’encens pour la divinité du Christ, la myrrhe, qui servait à embaumer les morts, rappelle qu’il est aussi homme et mortel.
 
Par le nombre de présents offerts il en a été déduit que les rois mages étaient trois, de plus, ce chiffre a  aussi une symbolique car il évoque la Sainte Trinité.







Crêche de l’Eglise Saint Nicolas, Fontvieille


Pour terminer, je vous invite à aller visiter début décembre la plus grande crèche que l’on peut trouver en Principauté, installée dans la Chapelle des Carmes, et qui s’enrichit régulièrement grâce à l’action constante des paroissiens et des pères Jesùs Lopez Lacalle et Michel-Ange Lizaso. 


Crèche de la chapelle des Carmes