Pendant le carême, notre diocèse s’est engagé à soutenir un projet de Mgr Yousif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen du diocèse de Kirkuk et Sulaimanyah, en Irak. Dans une proche banlieue de Kirkuk, l’objectif est de construire une école pour 500 jeunes filles. Elles proviendront de familles arabes, kurdes ou d’autres origines ; elles seront chrétiennes, musulmanes, yézidies ou d’autres traditions religieuses. La langue d’enseignement sera l’anglais, pour éviter la compétition des langues locales et pour ouvrir à un horizon plus vaste. Ce projet n’a rien de banal car il n’est pas habituel de proposer, dans cette partie du monde, une éducation aux jeunes filles, en leur permettant de faire l’expérience d’un vivre ensemble qui suppose respect mutuel et disponibilité à accueillir l’autre.


L’action diocésaine de carême avait pour but concret de participer à la création de cette école. Si le gros œuvre a été assumé par différentes organisations, il faut aussi penser à l’aménagement des salles de classes, des laboratoires, de la bibliothèque, de la restauration, des cours de récréation… C’est cette partie « aménagement » que notre diocèse – sans oublier la paroisse du Saint-Esprit – a pris en charge. Les paroisses, aumôneries, mouvements, associations ont été sollicités et la réponse a été à la hauteur : 122 509,86 euros ont pu être récoltés ! Un tout grand merci à toutes les personnes qui se sont engagées pour que nous arrivions à un tel résultat !
 
Du 1erau 6 juin, je me suis rendu sur place, accueilli par Mgr Mirkis et accompagné par l’architecte français qui suit les projets (avec l’école de Sekanyan-Kirkuk il y a la construction d’une maison pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à Sulaimanyah). Quelques jours pour voir l’avancement des travaux, pour prendre la mesure des besoins en particulier dans les domaines de l’éducation et des soins, pour participer à la vie des communautés locales, pour s’ouvrir à une vie et à des traditions autres.


 

La remise symbolique du chèque de la somme récoltée a eu lieu devant l’école. Des ouvriers étaient en train de peindre les murs avant l’arrivée des portes et fenêtres, la température extérieure frôlant les 40°… Si les délais des fournisseurs sont tenus, l’école devrait pouvoir accueillir les premières filles dès la prochaine rentrée scolaire. Dans la cour de l’école, une statue de la Vierge de Miséricorde trouvera sa place. Sous son manteau, Marie abritera cinq enfants qui représenteront les différents continents et la grande fraternité humaine qui nous unit. Signe de l’ouverture d’esprit qui veut être vécue en ce lieu d’éducation, la statue est l’œuvre d’un sculpteur local d’origine musulmane. En le visitant, j’ai pu sentir l’émotion et la joie qui étaient les siennes d’être ainsi invité à participer à ce beau projet.

 
Mgr Mirkis mise beaucoup sur l’éducation des jeunes et s’engage pour que toutes et tous puissent accéder à une formation qui sera signe d’espérance et de prospérité pour l’avenir. Plutôt que de faciliter les départs de l’Irak vers d’autres pays, il préfère donner aux jeunes les moyens de se former sur place et de devenir les acteurs et les bâtisseurs d’un autre monde. Pendant la période difficile de Daech, il a en particulier permis à plus de 700 étudiants des régions de Mossoul, Erbil, Kirkuk… de continuer à étudier en les accueillant et en leur donnant le nécessaire (logement et pension). Ils sont maintenant capables de prendre leur part de responsabilité au service des autres.  
 
Reconnaissant pour l’engagement de notre diocèse, Mgr Mirkis sera à Monaco du 9 au 13 septembre prochain. Ce sera pour lui l’occasion de dire « merci » et, pour nous, la possibilité de mieux découvrir ses projets et les réalisations dont il est l’initiateur.
 


P. Philippe Blanc (Délégué épiscopal à l'Unité des Chrétiens)