Les Escapades de Jean-Pierre Debernardi

Le Monastère de Saorge est situé sur le canton de Contes dans les Alpes-Maritimes. Saorge est un petit village médiéval avec une architecture particulièrement bien conservée. Il est classé et fait partie des plus beaux villages de France. C’est une ancienne forteresse bâtie au flanc de la montagne au-dessus des gorges de la Roya. Dans le passé, Saorge était défendu par trois châteaux qui formaient une place forte à la réputation d’être imprenable.
 
Deux routes, qui ne sont pas reliées, permettent d’accéder au village qui est entièrement piétonnier. Il faut compter une heure et quart à partir de Monaco pour une distance de 57 km. Ce qui frappe, lorsqu’on aperçoit Saorge, c’est cette densité des habitations et leur hauteur. De plus de trois mille habitants en 1793, le village n’accueille plus que 460 personnes.
Saorge est un des points important de la  Route du Baroque et des orgues historiques de la Vallée de la Roya qui datent du XVIIe au XIXe siècle. Ce patrimoine a été classé et restauré dans les années 1980 avec l’aide d’organistes. Je vous invite, à l’occasion, à aller visiter une exposition permanente sur les orgues à la Brigue, dans la Maison du Patrimoine. 
Le Monastère est un peu en dehors du village et son accès se mérite, au bout d’une montée de 200 mètres dont les 100 derniers en calade de galets. A l’origine existait un ancien couvent fondé par les pères franciscains en 1633. Puis la commune de Saorge mis à disposition des terrains pour la construction du Monastère à l’écart du village, qui s’est achevée en 1662. 
Il est classé monument historique depuis 1917 et est géré aujourd’hui par le Centre des Monuments Nationaux. 




Le Monastère a été construit dans un style architectural baroque. Celui-ci est né en Italie au début du XVIIe siècle pour se répandre ensuite dans l’Europe entière. Ce qui caractérise ce style c’est la profusion de couleurs, de formes et de matériaux. Les stucs sont beaucoup utilisés dans les églises pour créer des décorations en relief. Il y a beaucoup d’angelots dans les décors, les vitraux n’occupent plus une place privilégiée et sont souvent de couleur claire.
Comme la plupart des édifices religieux, le Monastère a une histoire tumultueuse qui a vu la communauté de moines être chassée après la révolution française, puis revenir de 1824 jusqu’en 1903. Après cette date le Monastère a périclité et n’a plus été occupé jusqu’en 1969 où une communauté de frères franciscains y est revenue jusqu’en 1988. L’Etat français a racheté le bâtiment en 1967 et a procédé, depuis, à de nombreuses restaurations.  
La période de fermeture annuelle de novembre à février a été mise à profit afin d’effectuer des travaux de rénovation qui concernent la réfection totale de la toiture, la restauration des décors intérieurs de l’église et de plusieurs fresques du cloître dont certaines sont bien abimées. Il rouvrira au public au 1er février, avec la possibilité de voir les parties du monument non concernées par les travaux : cloître, réfectoire, jardin, 1er étage et éventuellement un aperçu sur les travaux de restauration.



A l’intérieur dans la cour, ont été peints neuf cadrans solaires datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. 


Dans le cloître et le réfectoire ont été peints aux XVIIe et XVIIIe siècles des fresques sur la vie de saint François d’Assise.

 
Dans une des deux chapelles côté sud vous pourrez admirer le chemin de croix qui est l’un des plus anciens chemins de croix peints sur toile de la région niçoise dans de très beaux et rares tons de bleu. 



Le maître-autel, en marqueterie de marbre, a été construit par un artisan de San Remo et a été consacré en 1732. 


A l’extérieur a été construit un magnifique et spacieux jardin en terrasses comprenant un verger et un potager. 

Depuis 2001 une nouvelle affectation du bâtiment a été réalisée et ce dernier est maintenant destiné à recevoir des artistes pour leurs besoins de retraites propices à leurs créations artistiques. Ainsi des rencontres, des expositions, des séminaires y sont organisés. Les artistes peuvent être logés dans les anciennes cellules des franciscains et bénéficier d’espaces collectifs réaménagés (cuisine, bibliothèque, salon, salles de bain, jardin). 
 



Du 1er avril au 30 septembre, la résidence accueille des écrivains, des traducteurs, des scénaristes, des compositeurs de musique de tous les pays, à la recherche de calme et de concentration. De mars à octobre, ce sont des compagnies du spectacle vivant qui sont accueillies. En contrepartie les auteurs sont conviés à participer à une rencontre avec le public.



Je tiens à remercier très chaleureusement Estelle Arnould Chargée d’action culturelle, éducative et communication au Centre des Monuments Nationaux et Francesco notre guide accompagnateur intarissable sur l’histoire du Monastère. Un grand merci aussi à Cara et Colleen Susini pour leurs photos, ainsi qu’à Pascal pour les interviews.

Pour aller plus loin : 
https://www.youtube.com/watch?v=5FqQ20BSBvk
https://www.youtube.com/watch?v=jkcngfUElrU
https://www.grandsudinsolite.fr/2097-06-alpes-maritimes-le-monastere-de-saorge--ensemble-architectural-monastique-baroque-exceptionnel.html
http://www.m-e-l.fr/fiche-residence.php?id=30
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8re_de_Saorge
http://www.monastere-saorge.fr/