Vitraux

 

Saint Martin de Tours sur la route des Alpes
convertit une bande de voleurs.

 


Enrôlé de force à 15 ans dans les légions de Rome par un édit de l’Empereur Honorius, St Martin dut obéir malgré sa volonté qui l’appelait hors du monde. Sa grande charité lui fit partager son manteau à la porte d’Amiens. Cet épisode étant trop connu, l’artiste a préféré illustrer celui des Alpes. Martin a environ 20 ans. Il n’est que clerc et fait un long voyage, de Poitiers à Salarie sa patrie. En traversant les Alpes, Martin tombe entre les mains d’une bande de voleurs. L’un s’apprête à frapper Martin, lorsqu’il est soudainement arrêté par ses compagnons qui sont intrigués par l’air noble, intrépide et calme du voyageur. “Qui es-tu donc lui demandèrent-ils ? Je suis chrétien, répondit notre saint. N’as-tu donc pas peur ? Non un vrai chrétien n’a jamais peur, parce qu’il a la conscience tranquille. “Stupéfaits d’entendre de la bouche d’un voyageur, des paroles si fermes et si nouvelles pour eux, mais aussi dominés par une force secrète et enchaînés par l’admiration, ces hommes de sang et de pillage furent vaincus et ils laissèrent passer Martin. Celui-là même qui avait levé le bras sur lui embrassa la religion chrétienne et devint moine. Le tympan rappelle ses belles paroles : “Signes Crucis non clypeo protectus hostium Cuneos penetrabo securus. On remarque aussi les attributs de l’Evêque et l’épée du soldat.
 

Saint Vincent Ferrier de l'ordre des Dominicains


 

Saint Vincent Ferrier, vit le jour dans la ville de Valence (Espagne) le 23 janvier 1357 et mourut le 6 avrit 1419. On voit ici Vincent près du lit d’un moribond désespéré, qui répond à toutes ses exhortations, par ces horribles paroles : “je veux me damner au déplaisir de Jésus-Christ.” Vincent, plein de confiance en la miséricorde de Dieu, se tourne vers le moribond et lui dit : “Malgré toi, je te sauverai.” Il invite les personnes présentes à invoquer la Ste Vierge et l’on récite le Rosaire. Avant que le Rosaire ne soit terminé, la chambre du moribond se remplit tout-à-coup de lumière ; la Mère de Dieu apparaît, portant dans ses bras le divin Fils, mais tout couvert de sanglantes blessures. Le pécheur, témoin de ce spectacle demande pardon à Dieu et aux hommes. Dans le tympan de la fenêtre, ses attributs, rappelant les différents traits de sa vie sont figurés. En voici l’énumération : - Le crucifix des martyrs, le même qu’il mit sur la bouche d’un ecclésiastique d’Avignon pour le réconcilier avec Jésus Christ. - Ses écrits, notamment le “Tractatus de vita spirituali.” Les paroles de l’Apocalypse : “Time Deum et honore debito eum prosequere - Ego sum angelus Apocalypseos.”- Le monogramme de Jésus, avec ces paroles de St Paul : “portabis nomen meum coram populis et princibus.”- Un chapeau de Cardinal renversé, pour exprimer son refus des dignités ecclésiastiques; un drapeau, comme symbole des prédications par lesquelles il enrôlait les pécheurs convertis sous la bannière de Jésus-Christ; le lis, symbole de la virginité conservée jusqu’à sa mort.- Les fers de l’âne ; après avoir fait ferrer son âne et n’ayant pas de quoi payer, les fers tombèrent quand l’âne secoua les pieds.- Les chandelles qui s’allumaient à l’anniversaire du Saint. Les ailes de Séraphin, qu’il prenait pour voler, consoler les malades.- Le nuage miraculeux qui le rendait invisible à la reine d’Aragon et la trompette de l’Apocalypse

 

Baptême de Jésus par Saint Jean-Baptiste




 

Accueil à Monaco du corps de Sainte Dévote
Patronne de Monaco, fin du III° siècle



 

Après s’être débarrassé par le poison d’Entice, patricien et sénateur, protecteur de Sainte Dévote, Maximien fit subir le martyre à cette jeune Vierge, avec ordre de brûler son corps ; mais deux clercs, avertis par une vision céleste, l’enlevèrent la nuit, l’embaumèrent avec le secours de plusieurs filles chrétiennes et le déposèrent dans une embarcation pour le transport en Afrique. Une colombe guida l’esquif et s’arrêta entre Nice et Vintimille.
 

Le Baptême de Saint Roman par Saint Laurent.



 

Martyr à Rome, sous Valérien, le 9 août 258, Saint Romain (ou Roman) était soldat de la Garde de l’Empereur Valérien et fut en cette qualité obligé d’assister aux interrogations et aux supplices de St Laurent. Il fut surpris de voir un homme endurer tant de tourments avec une joie ineffable, il le conjura donc de le recevoir au nombre des chrétiens. Alors Laurent, ayant été détaché du poteau, pour être conduit au supplice du feu, rencontre St Romain, qui lui présente une aiguière pleine d’eau et veut le Baptême ; il s’écria alors devant l’Empereur qu’il était chrétien. Valérien le fit décapiter sans autre forme de procès hors la porte Salaria. Ses reliques sont aujourd’hui à Lucques sous le grand Autel de l’église St Romain. Un ange plane au dessus de cette scène, portant les palmes des deux martyrs, tandis que l’on apporte le grill sur lequel sera rôti saint Laurent (voir vitrail de la chapelle saint Joseph. On remarque en arrière plan les collines de Rome, le Tibre et le Forum et, curieusement, les deux saints marquent leur rupture avec les autres Romains par la moustache. Dans les lobes de la partie supérieure se trouvent retracés les attributs du soldat Romain, l’aiguière avec l’inscription “ A Santo Laurentio baptizatus,” la hache du supplice et la palme de martyr.

 

Le procès et le martyre de Sainte Barbe,
la profession de foi de Sainte Julienne.

 


























 

Sainte Barbe, Vierge et Martyre à Nicomédie en Bythinie, en 235.

Barbe eut pour père un homme de qualité, nommé Dioscore, qui était fort adonné au culte des idoles. Arrivée à l’âge de l’adolescence, il imagina de l’enfermer dans une tour magnifique où se trouvaient tous les agréments les plus variés. Mais Sainte Barbe, instruite par une disciple d’Origène méprisa les faux dieux.
Son père, fort irrité, employa tous les moyens pour la détourner et, n’y pouvant arriver, il se conduisit en père dénaturé et barbare ; il se fit son accusateur et devint lui-même son bourreau en lui tranchant la tête devant les juges.
Une dame, nommée Julienne, à la vue du courage de Sainte Barbe, déclara qu’elle était chrétienne et subit aussitôt le même martyre.
Quelques détails de sa vie sont rappelés par des attributs dans la partie supérieure de la verrière.

  • Les idoles, qu’elle brisa elle-même dans l’intérieur de sa tour ; la tour à laquelle elle fit percer 3 fenêtres et figurer des croix.
  • Les instruments de son supplice, fouets, marteaux, tenailles avec lesquelles on lui coupa les mamelles, hache, torche et angle de fer.
  • - La couronne de Vierge, la palme du martyre, le lis de l’innocence enlacés dans l’inscription : “ab ineunte oetate soli Deo quem sibi sponsum elegerat palcere studuit.”
  • Comme patronne de la bonne mort, elle a pour attribut le Calice surmonté de l’Hostie, car au moment de son dernier supplice, une voix céleste lui annonçait que par son intercession, ceux qui l’invoqueraient à l’heure de la mort seraient exaucés.
  • Les emblèmes d’artillerie et la foudre, par allusion à la mort de son père qui fut frappé et réduit en cendres par un châtiment du Ciel.

La dernière Communion de Saint Roch dans les prisons de Montpellier

 


Saint Roch (1327), était le fils du gouverneur de Montpellier. Toute sa vie se passa en bonnes oeuvres ; il guérit de nombreux pestiférés dans les voyages qu’il fit en Italie et en France. Après de longues années, il revint dans sa patrie, fut arrêté comme espion et, par ordre de son oncle qui ne le connaissait pas, jeté dans un sale et obscur cachot. Au bout de cinq ans, se sentant très souffrant et voyant sa fin approcher, il fait venir un prêtre, se confesse et le prie de lui donner la sainte communion. A droite et en arrière, on aperçoit l’oncle de St Roch, qui ne le connaissant pas, venait voir cet homme dont il venait d’apprendre les merveilles. Après la mort du Saint, il le reconnut pour son neveu. Alors, couvert de confusion, il tâche de réparer sa cruauté par une pompe funèbre des plus magnifiques. Le chien est l’attribut ordinaire de St Roch, avec le bourdon de pèlerin. Le chien est le ministre fidèle dont Dieu se servit pour secourir la misère extrême de son serviteur ; le bourdon rappelle les longues marches de cet héroïque apôtre de la charité. Ce symbole est figuré à la partie supérieure centrale. On y voit à droite et à gauche le chiffre de St Roch, superposé d’une croix rouge, signe qu’il avait au cou en naissant et qui le fit reconnaître à sa mort. Le flambeau de la peste, la croix figurant la foi et l’épée, le combat pour la foi. La promesse de la cessation de la peste par son intercession est rappelée par la tablette que l’on trouva après sa mort. «Eris in peste patronus.»

 

Saint Michel

 


 

Saint Michel combat les anges rebelles avec toutes les compagnies des anges fidèles. Lucifer et ses adhérents sont précipités dans les enfers, pour y être punis éternellement. Le Saint nous apparaît debout sur le Prince des Ténébres qu’il terrasse - C’est cette lutte qui devait décider de la victoire, du triomphe et du bonheur des anges qui avaient su résister à Lucifer, avec une force et une vigueur admirables et qui plaçait St Michel au premier rang parmi les séraphins. Les inscription des tympans se rapportent à cette scène : Dux belli Michael superbum draconem contere.” Les épées flamboyantes, la balance, sont les attributs ordinaires de St Michel. Le livre ouvert laisse voir l’alpha et l’omega.

Saint Nicolas de Patare

 






 





















Saint Nicolas de Patare, Evêque de Myre en Cilicie, sauve de la misère et de la prostitution trois jeunes filles d’une famille pauvre. Saint Nicolas, se dépouilla de tous ses biens pour secourir les malheureux. Un jour, averti qu’un des plus nobles habitants de sa ville, n’ayant pas le moyen de nourrir ses trois filles, était dans le dessein de les prostituer. Nicolas résolut de leur donner du bien suffisamment pour les marier. Il voulut le faire secrètement. Ainsi prenant la nuit une bourse pleine d’or, il l’alla jeter dans la chambre de cet homme par une fenêtre qu’il trouva heureusement ouverte. Cette somme servit à marier honnêtement l’aînée des filles ; il en fit de même pour la seconde et ensuite la troisième. On ne peut croire l’étonnement du père lorsqu’il vit la première et la seconde fois les soins que la Providence avait de sa famillle. Il veilla alors, afin de connaître son bienfaiteur. Quand Nicolas revint, le père le reconnut, courut à lui, le remercia et, malgré les supplications du Saint, répandit dans la ville la nouvelle de cette oeuvre si charitable.

On voit dans la partie supérieure de la verrière les symboles rappelant les différents traits de la vie de Saint Nicolas.

  • Le vaisseau joue un grand rôle dans sa vie. La tempête prédite et apaisée.
  • La résurrection d’un jeune garçon tué du haut d’un mât.
  • Un bateau, qui devait le ramener en Lycie, fut dirigé sur Alexandrie par le pilote ; une tempête s’éleva, il reconnut sa faute et le Saint ramena le calme.
  • Le vaisseau chargé de blé qu’il fit amener à Myre dans une grande famille.
  • L’apparition à des matelots prêts à périr ; il apaise la tempête, conduit le navire et disparaît. St Nicolas est le patron des mariniers, pêcheurs, bateliers, débardeurs.
  • Le miracle du morceau de pain multiplié 83 fois, pour la nourriture d’ouvriers construisant une église
  • Les trois enfants ressuscités, qu’un hôtelier avare avait égorgés et serrés dans un saloir.
  • Les présents de Constantin : Le livre des Evangiles, un encensoir massif et enrichi de pierreries, deux chandeliers d’or et des gants brodés d’or. Il est écrit sur le livre : Non turpe lucrum sectabere. Les paroles du Psaume XXX qu’il prononce en mourant : In manus tuas Domine, commendo spiritum meum.
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Saint Benoît face au roi des Goths, Totila.



 

Saint Benoît, Premier abbé du Mont-Cassin, patriarche des moines d’occident au VI° siècle. Totila roi des Goths, ayant entendu dire que St Benoît était grand prophète, voulût s’en assurer. Il s’approcha de son monastère et le manda de venir en personne au-devant de lui. Il fit pour cela vêtir un de ses écuyers de ses habits royaux et s’avança suivi de sa cour au-devant du Saint. Celui-ci cria “quittez mon fils, ces ornements royaux, ils ne vous appartiennent pas.” Totila, l’ayant appris, vint lui-même et, apercevant St Benoît assis, il se prosterna devant lui, et n’osa se relever malgré les prières du Saint, qui finit par le relever lui-même. Ensuite il le reprit de ses crimes. Il lui prédit les dernières aventures de sa vie. “Vous faites beaucoup de mal, vous en avez beaucoup fait, il est temps que vous mettiez fin à vos iniquités. Vous entrerez dans Rome, vous passerez la mer, vous régnerez neuf ans et au dixième vous mourrez.” A cet oracle, Totila se retira en se recommandant instamment aux prières du Saint. Depuis ce temps il fut moins cruel qu’il l’avait été auparavant, et par un juste jugement de Dieu, la dixième année, il perdit le royaume et la vie.

Quelques traits de la vie du Saint, sont rappelés par des emblèmes au sommet de la fenêtre :

  • Le vase de terre cassé par la nourrice et remis en état par le Saint.
  • La sonnette attachée à une corbeille désigne le lieu désert appelé Sublac où un solitaire du nom de Romain, le nourrit pendant 3 ans, lui descendant un morceau de pain dans une corbeille. Il l’avertissait par une sonnette attachée à la corde.
  • Le démon qui vient sous la forme d’un merle pour le tenter.
  • Un verre d’eau, d’où sort un serpent, comme signe du breuvage empoisonné que lui avaient servi les moines indisciplinés de Vicovara.
  • Le corbeau auquel St Benoît, ordonna de porter au loin un pain empoisonné que lui avait donné un nommé Florent pour l’empoisonner.
  • Une pierre que le démon rendait pesante et que plusieurs moines, ne pouvaient ébranler, est transportée par St Benoît par le signe de la Croix.
  • La médaille de Saint Benoît. Ce symbole fait allusion au signe de la croix, par lequel, notre saint échappe au poison. On la portait pour mettre obstacle aux maléfices et surmonter les tentations du démon - Monseigneur Gaume a, depuis quelques années, renouvelé cette dévotion en France.
  • L’escalier lumineux, par lequel il fut vu, s’en allant lui-même au ciel.
  • Le globe de feu qu’il aperçut au moment où l’âme de St Germain de Capoue montait au ciel.
  • La figure du monastère du Mont-Cassin.


Saint Charles - Chapelle de la Vierge


 

Cette verrière représente un trait de la grande charité de ce saint. Par une peste qui survint à Milan en 1576, nous voyons, St Charles la corde au cou et les pieds nus, parcourant les rues de la ville, au milieu des morts et des pestiférés. Il entreprit le secours de tous et demeura au milieu d’eux, malgré de vives prières qui lui furent faites pour sortir de la ville ; il ne respectait que la douleur des autres et s’oubliait lui-même jusqu’à ne pas vouloir s’arrêter après avoir marché sur un clou, ce qui occasionnait derrière lui une trace de sang. Il vit un enfant vivant contre les mamelles de sa mère qui venait de mourir, il se jette lui-même entre les morts pour sauver cet innocent. Ce trait est rappelé à gauche et au premier plan dans ce tableau. Il est suivi de son clergé et d’une grande foule ; sur le ciel, se détachent les milliers de clochetons de la cathédrale de Milan. Le tympan de cette fenêtre offre les attributs du saint prélat : le chapeau cardinalice, la croix pectorale, la corde, le livre et le crucifix. Des inscriptions, rappelant les traits de sa vie, “Bonus pastor dat vitam pro ovibus ; Fune sibi ad collum colligato semetipsum pro populo hostiam offerebat,” et l’indication de quelques-uns de ses écrits sur le livre ouvert : “Orationes in conciliis provincialibus ; synodus mediolanensis I, II, III ; Catechismus romanus.