Publié le 27 juin 2023

Les escapades de Jean-Pierre / Le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces

Ce mois-ci, l'ami Jean-Pierre nous invite à une petite balade dans le département du Var pour visiter le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces et le superbe et très authentique village de Cotignac. Bonne pause fraicheur !

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Le Sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces est situé dans le charmant petit village médiéval de Cotignac dans le département du Var, qui conserve encore de nombreux éléments architecturaux et caractéristiques de cette période. Les ruelles étroites, les maisons en pierre, les voûtes, les portes fortifiées et les vestiges de remparts témoignent de son passé médiéval.

Sa fondation est très ancienne et remonterait à l’an 1030 sous le vocable « Cotinacco ». Son nom est issu du coing, fruit très répandu dans cette région. C'est un endroit où l'on peut se plonger dans l'ambiance d'autrefois tout en appréciant le charme du village.

Les amateurs de nature seront comblés par les paysages provençaux, les vignobles, les oliveraies et les nombreux sentiers de randonnée alentours qui vous permettront de découvrir les collines verdoyantes.

Le village possède une atmosphère pittoresque et accueillante, avec ses ruelles étroites, sa place principale animée et ses nombreux commerces. C'est un endroit apprécié des visiteurs à la recherche d'authenticité et de tranquillité en Provence.

Il est réputé pour ses maisons troglodytes, qui sont des habitations creusées dans la roche, ainsi que pour ses falaises impressionnantes qui surplombent le village.

Cotignac est certifié « Plus Beau Village de France » depuis 2022. Un rocher de tuf de 400m de long sur 80m de haut le surplombe. A l'ère quaternaire, la rivière La Cassole coulait par-dessus le rocher et le village était alors la base de cette immense chute d'eau. Ce sont ces chutes d'eau qui ont formé toutes les cascades pétrifiées et les anfractuosités qui ont ensuite servi d'abris aux habitants et aux animaux. La rivière a ensuite été détournée et passe à présent à l'est du village pour se jeter dans l'Argens.

Ce rocher et ses habitations troglodytiques servaient de cachette pour les habitants, leurs troupeaux et leurs vivres pendant les périodes d'invasion. Il existait une grotte assez grande pour contenir tous les habitants et leurs troupeaux quand cela s'avérait nécessaire

Le village a été marqué par les apparitions de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus et de saint Joseph. Il est le seul au monde où l’ensemble de la Sainte Famille soit apparu. 

Les 10 et 11 août de l’an 1519, la Vierge Marie avec l’enfant Jésus dans ses bras, accompagnée de saint Michel l’Archange et de saint Bernard de Clairvaux, apparut à deux reprises dans les champs sur une colline proche du village de Cotignac à un bûcheron nommé Jean de la Baume et lui commanda de dire aux habitants du village et aux membres du clergé de venir en pèlerinage sur ce lieu, et d’y construire une église. Les travaux pour sa construction commencèrent alors dès le 14 septembre 1519. 

Le 7 juin 1660 Gaspard Ricard un jeune berger de 22 ans, garde son troupeau sur le mont Bessillon. Il fait très chaud, la chaleur l’accable et il a soif quand soudain, il aperçoit un homme à ses côtés qui lui désigne un lourd rocher en lui disant « Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ». Gaspard soulève alors le rocher et découvre une source. Après avoir bu il court porter la nouvelle au village. En un lieu que tous savent dépourvu de source coule désormais une eau fraîche.

Une chapelle consacrée à saint Joseph fut alors édifiée en ce lieu. 

Louis XIII et Anne d’Autriche n’avaient pas d’enfant après plus de vingt ans de mariage. Un religieux augustin, le frère Fiacre, vient officiellement en pèlerinage depuis Paris pour y prier la Vierge afin d'accorder au roi Louis XIII un héritier. Le 3 novembre 1637, tandis qu'il était en prière, le frère Fiacre eut une vision : la Reine devait dire trois neuvaines de prières à la sainte Vierge, et un fils lui serait donné. La première neuvaine à Notre-Dame-de-Grâces en Provence, la seconde à Notre-Dame de Paris et la troisième à Notre-Dame des Victoires, l'église du couvent de frère Fiacre. Informée, la Reine se mit à croire en la réalisation de ces promesses et demanda au frère Fiacre de retourner à Cotignac pour y conclure ses neuvaines.  Elles se terminèrent le 5 décembre suivant et le 5 septembre 1638, neuf mois après, jour pour jour, naissait l'héritier du trône, Louis Dieudonné qui signifie « donné par Dieu ».

Louis XIII décida alors de consacrer le pays entier à la Vierge Marie et le 10 février 1638 il signa le « vœu qui consacre le royaume de France à la Vierge ».

En 1644 la reine fit porter à Cotignac par le frère Fiacre un tableau, détruit à la Révolution, représentant le roi à genoux présentant sa couronne et son sceptre à la Vierge.

Cet événement attira l'attention sur le sanctuaire qui restera lié à la monarchie jusqu'à la Révolution. Ainsi depuis 400 ans les pèlerins, en particulier les familles et les couples en désir d’enfant, viennent en procession recevoir des grâces permettant de les aider à grandir spirituellement, à développer des vertus et à se rapprocher de Dieu. Au XVIIème siècle le sanctuaire avait la réputation d'apporter de nombreuses grâces et aides aux femmes enceintes pour que la grossesse se passe bien, ainsi que l'accouchement.

La Reine Anne d’Autriche meurt en 1666. Un an après, dans le sanctuaire, Louis XIV fait apposer une plaque en marbre noir à la mémoire de sa mère, rappelant qu'il fut donné à son peuple par les vœux qu’elle fit dans cette église. Elle s'y trouve toujours, bien lisible, installée sur un des murs.

Au début de son règne, le 21 février 1660, le roi Louis XIV et la régente Anne d’Autriche se rendent au sanctuaire de Cotignac accompagnés d’une escorte militaire de 40 gendarmes et d’un détachement de mousquetaires. Le seul chemin carrossable jusqu’au sanctuaire dut être élargi et fut baptisé pour l’occasion « Chemin de Louis XIV », et les escaliers face au sanctuaire appelés « Escaliers Louis XIV ». Le Roi Soleil les gravis à cheval lors de sa venue. 

En 1793 les pères de l’Oratoire qui gèrent le sanctuaire sont expulsés, les révolutionnaires transforment l’église en prison. En 1796 les bâtiments sont détruits pour récupérer tous les matériaux de construction et la forêt est entièrement rasée. 

Les habitants de la ville qui sont restés très attachés aux sanctuaires reconstruisent l’Église en 1810, sur les fondations de l’Église originale, qui fut inaugurée le 8 septembre de la même année. Un chemin de pèlerinage relie ce sanctuaire à celui de Saint-Joseph du Bessillon distant de 3km, chemin orné de six oratoires représentant les grandes scènes de la vie de Saint Joseph. 

Aujourd’hui le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces attire plus de 140.000 pèlerins par an, avec une affluence marquée les 10, 11 et 15 août et en septembre. 

Pour terminer, je tiens à remercier Monsieur Patrick Rocher, le directeur du sanctuaire de Notre-Dame-de-Grâces qui m’a chaleureusement accueilli, guidé et aidé dans la réalisation de mon escapade. Je ne peux que vous inviter à venir sur place en espérant que la lecture de cette chronique vous en donnera l’envie. 

Bonne découverte !
 

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